La méthode Macron pour les banlieues populaires : beaucoup de vent, une bonne dose d’idéologie !

La méthode Macron pour les banlieues populaires : beaucoup de vent, une bonne dose d’idéologie !

Emmanuel Macron a dévoilé le 22 mai dernier sa politique pour les banlieues populaires, encore que le voile reste encore épais sur les moyens qui y seront réellement consacrés par l’Etat. Le rapport Borloo est déjà enterré, mais nous connaissons désormais « la philosophie et la méthode » du président de la République.

Il faut rappeler la situation dramatique que connaissent ces banlieues : taux de chômage des jeunes dépassant parfois 40%, accès aux soins de plus en plus difficile du fait des déremboursements successifs de la Sécurité sociale et de l’appauvrissement des ménages, professeur.e.s dans les écoles pas remplacé.e.s, contrôles au faciès et bavures policières sans suite, image dévalorisante donnée à ces territoires par la plupart des media.

Ces territoires sont les premières victimes des politiques « de droit commun » mises en œuvre ces dernières années et amplifiées encore par l’actuel gouvernement. La liste est longue : baisse des crédits aux associations et réduction drastique des emplois aidés, baisse de l’APL et paupérisation des organismes de logement social, sélection par Parcoursup au détriment des jeunes des quartiers populaires, attaque contre les services publics, baisse des ressources des collectivités locales, précarisation des emplois par la loi-travail, loi asile-immigration … et disparition du ministère de la Ville, englouti dans un ministère de la Cohésion des Territoires. Difficile, dans ces conditions, de prétendre comme le fait Emmanuel Macron, vouloir « construire une politique d’émancipation et de dignité » !

A côté de la misère sociale, les banlieues populaires voient fleurir toutes sortes d’initiatives, des femmes des cités qui ne baissent pas les bras, elles recèlent de grandes richesses humaines, qui se heurtent trop souvent à un plafond de verre à cause des discriminations et du racisme. La République n’accueille pas leurs populations comme elle le devrait, elle ne leur accorde pas la place qui est la leur, les considérant comme des citoyen.ne.s de seconde zone, les regardant avec méfiance et refusant toujours à une bonne partie d’entre elles le droit de vote aux élections locales. Cette situation qui perdure est insupportable et appelle un discours fort de l’Etat, suivi par des actes.

Le rapport Bacqué-Mechmache réalisé à la demande du gouvernement précédent appelait à une révolution culturelle en se faisant la voix de nombre d’acteurs et d’habitant.e.s de ces quartiers, résumant leurs attentes et leur soif de démocratie et de citoyenneté, qui ne peut pleinement s’exercer qu’à travers la délibération collective et l’action en commun.

Mouvement Ecolo ne retrouve ni cette philosophie, ni cette méthode, dans les propos du président Macron. Ce n’est pas une surprise, car le néo-libéralisme qu’il incarne ne s’adresse qu’à l’individu isolé, il ne conçoit de réussite qu’individuelle et ne fait pas de l’égalité une priorité.

Nous n’avons pas assisté à la présentation d’un « plan banlieues », le président a raison sur ce point. Mais que reste-t-il alors, à part quelques mesures cosmétiques, la relance de l’Agence nationale pour la Rénovation urbaine (ANRU) et l’antienne du retour de l’Etat de droit ? Les habitants des banlieues devront-il se contenter d’un « droit commun » dont on voit les effets délétères ? Et si, au fond, la portée du discours était d’abord idéologique, une tentative de se rallier une fraction de la population des banlieues, celle qui peut adhérer à son projet car elle dispose des ressources pour s’en sortir ?