La – PPE- Programmation Pluriannuelle de l’Energie de Macron : ni solidaire, ni à la hauteur de l’urgence climatique !

E.Macron a présenté le 27 novembre la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) du gouvernement et sa stratégie de lutte contre le changement climatique, au cœur de l’actualité de ces dernières semaines. Comme on pouvait s’y attendre, ce plan est loin d’être à la hauteur des enjeux de « la fin du monde », tout en faisant peser l’essentiel des efforts sur les classes populaires, au mépris de « la fin du mois ».

En effet, les entreprises grandes consommatrices d’énergie, soumises au système européen du marché du carbone avec distribution gratuite de « quotas » et le transport aérien, échappent à ces efforts, ainsi que le transport routier pour une part. La taxe carbone, instaurée en 2014, est payée par les artisans et PME et les particuliers sur leur consommation de produits énergétiques. Les ménages les plus modestes sont les plus affectés, car les déplacements et le logement représentent une part déterminante de leurs dépenses.

Le système actuel présente ainsi une double injustice lorsqu’il n’existe pas de solution alternative permettant de changer de moyen de transport ou de système de chauffage. C’est le cas aujourd’hui pour une bonne partie des habitants des banlieues et des zones rurales, qui voient en outre fermer les services publics de proximité et qui sont souvent en première loge pour les pollutions.

Et les mesures d’accompagnement annoncées par le gouvernement afin de changer de voiture ou de chaudière sont à côté de la plaque, vu le niveau de ressources des personnes concernées. La révolte des gilets jaunes n’est pas une surprise. La Commission nationale du débat public, rendant compte dans son bilan du sentiment du public, avait souligné l’attente d’une répartition équitable des efforts et de la garantie par l’Etat de la solidarité entre usagers et territoires.

Empêcher l’exode urbain des classes populaires et moyennes, raccourcir les distances, remettre des services publics et des transports collectifs ; financer un plan de rénovation des logements permettant de diviser par deux ou trois la facture énergie, voilà les vraies mesures qui permettraient à la fois de réduire la consommation d’énergie, d’augmenter le « reste à vivre », de créer des emplois non délocalisables. Rien de tout cela dans les annonces d’E.Macron, et le logement reste le parent pauvre du PPE. Et ce n’est pas en appauvrissant les organismes HLM, comme le fait le gouvernement, qu’on va soutenir les travaux d’isolation et de changement d’énergie !

Sur l’accompagnement social, E.Macron semble vouloir renvoyer la responsabilité à l’échelle locale. Certes, le niveau local est essentiel, il fait preuve d’une grande capacité d’innovation souvent citée en exemple, avec des maires dynamiques et parfois même exemplaires. Mais l’Etat ne doit pas « en même temps » se défausser, réduire les dotations au-delà du supportable, fermer les services publics qu’il juge « non-rentables » !

Si le logement est le parent pauvre, que dire alors du nucléaire, sinon que c’est la « bérézina ». L’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique est renvoyé en 2035 et le gouvernement reprend un scénario proche de celui défendu par EDF, qui se traduit par le fait que seul Fesselheim sera fermée dans le présent quinquennat. Pire que ce qui avait fait démissionner Nicolas Hulot ! Et dans son discours, E.Macron n’hésite pas à dire que la filière nucléaire reste « prometteuse », n’écartant pas la construction de nouveaux EPR, en fonction de l’évolution du contexte énergétique français et européen.

Pour Le Mouvement Ecolo, ce plan comme les propos du Président ne répondent ni aux alertes environnementales, qui nous pressent à agir, ni aux urgences sociales, avec la montée des inégalités et de la pauvreté. Pourtant, une transition énergétique juste socialement est possible. L’argent existe, en quantité, chez les gros pollueurs, chez les fraudeurs fiscaux. Rien n’empêche d’agir, si ce n’est la rapacité de l’oligarchie financière, qui veut tout pour elle, et qui a trouvé en E.Macron son représentant zélé.