Le Plan pauvreté de Macron: donner un peu d’une main, reprendre beaucoup de l’autre!

Alors que les inégalités ne cessent de se creuser avec près de 9 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté (60% du niveau de vie médian), on attendait l’annonce du « plan pauvreté » d’Emmanuel Macron, censé faire litière de son image de « président des riches » et constituer la première étape de « l’Etat providence du XXIème siècle ».

Mais si ce plan comporte un certain nombre de mesures qui vont dans le bon sens, il n’est pas à la hauteur du problème et ne compense même pas les effets délétères d’autres politiques mises en œuvre « dans le même temps ».

Alors que notre société est profondément inégalitaire, il « oublie » le rôle-clé que jouent aujourd’hui les transferts sociaux dans la réduction des écarts et de la pauvreté.

De ce point de vue, les 2 milliards d’euros par an annoncés pour le plan pauvreté sont bien loin des cadeaux dont ont bénéficié les plus riches avec la suppression de l’ISF (4 à 5 milliards par an) et le CICE, dont une bonne part s’est transformée en dividendes : de la redistribution à rebours pour les « premiers de cordée » !

Que dire aussi des ordonnances travail, de la dégradation constante des services publics et des réformes annoncées dans le rapport CAP 2022, de la baisse de l’APL et de la libération des loyers, des menaces sur la Sécurité sociale et les retraites ? Si l’emploi est essentiel, n’oublions pas qu’il ne met plus à l’abri de la pauvreté et ne garantit pas l’accès aux soins.

Toujours cette même logique dans les réformes de Macron : faire semblant de donner à chacun.e l’égalité des chances, faire qu’il/elle se sentent ainsi responsables de leur situation, réduire la solidarité sociale. Voilà sans doute l’Etat providence du XXI siècle qui nous est promis !