#22mars – Service public : non au projet Macron ! Pour une société de solidarité et de coopération !

Service public : non au projet Macron ! Pour une société de solidarité et de coopération !

Avec son projet « Action Publique 2022 » Macron poursuit la destruction systématique de l’édifice social issu du programme du Conseil National de la Résistance, imposé par la mobilisation populaire à une bourgeoisie discréditée par son attitude pendant la guerre.

Cet édifice a subi depuis bien des reculs depuis le tournant libéral de nos sociétés dans les années 1980, sur l’assurance maladie, sur les retraites, avec la baisse continue des moyens des hôpitaux, par l’ouverture à la concurrence de secteurs entiers assurés par des entreprises publiques, les soumettant ainsi à une logique de marché.

On en voit les résultats aujourd’hui dans la situation dramatique des hôpitaux et des EHPAD, avec des agents stressés et ne trouvant plus de sens dans leur travail et la dégradation de la qualité des services pour les usagers. On le voit avec les maternités, la poste, les écoles, dont le départ participe à la désertification des zones rurales et au sentiment d’abandon qui en résulte.

Mais avec Macron, c’est d’un changement d’échelle qu’il s’agit, ce sont les fondements même d’un édifice basé sur la solidarité qui sont voués à la démolition : tout effacer des conquêtes sociales, pour répondre à la logique de mondialisation libérale, qui écrase tout sur son passage.

Et cela, à un moment où les inégalités augmentent dans des proportions inouïes.

Action publique 2022, c’est la réduction du périmètre des services publics, la disparition du statut des fonctionnaires qui assurait leur indépendance, les plans de départs « volontaires », la rémunération « au mérite » créant la concurrence et brisant les collectifs – qui s’ajoutent au gel du point d’indice, au rétablissement du jour de carence, etc. C’est la généralisation de la logique de marché, qui se heurte aujourd’hui au sens du service public de la grande majorité des agents.

Pour arriver à ses fins, Macron, le président des riches, n’hésite pas à jouer des divisions, entre les générations avec la CSG pour les retraité.e.s, entre les salariés du public et ceux du privé. C’est ainsi que le cheminot et plus largement le fonctionnaire sont présentés comme des privilégiés, du fait leur emploi garanti. « Il faut mettre fin à cette injustice », dit Macron, pour qui l’égalité signifie alignement vers le bas !

La bataille qui s’engage n’est pas celle de nanti.e.s qui veulent conserver leurs privilèges. Elle ne concerne pas les seul.e.s fonctionnaires, mais la société dans son ensemble. Car le service public, c’est la solidarité, c’est le lien social, c’est finalement ce qui fait société. La société disparaît avec le « chacun pour soi », lorsque le marché décide de tout et que le citoyen n’existe plus, transformé en consommateur passif, avec des gouvernants devenus les « hommes de paille » des firmes multinationales.

Nous ne voulons pas de cette société là, avec l’argent et la concurrence comme seules valeurs !

C’est au fond cela l’enjeu de la bataille, que les forces progressistes ne doivent pas perdre. C’est une bataille de société, que nous ne gagnerons pas seulement en résistant, mais en suivant l’exemple de nos aînés, qui n’avaient pas perdu l’espoir dans les heures les plus sombres, et qui lançaient leur appel « Créer, c’est résister. Résister c’est créer » ! Leurs paroles sont encore d’actualité.

Créer aujourd’hui, c’est redonner, non seulement des moyens, mais du souffle à nos services publics, dont la gestion est devenue bureaucratique avec le temps et en a parfois dévoyé l’esprit d’origine : les destinataires de ces services doivent devenir réellement partie prenante de leurs orientations, de leurs priorités, et pouvoir en contrôler les résultats. Contrairement à ce que veut le gouvernement, il ne s’agit pas de livrer les agents à la colère des usagers, dans des services que l’on laisse sciemment dépérir en en réduisant les moyens. Non, il s’agit de s’adresser au citoyen car il s’agit de choix politiques, qu’on ne doit pas laisser aux mains des technocrates et des lobbies !

Créer, c’est se réapproprier, à l’échelle des territoires, les biens nécessaires aux besoins humains qui sont accaparés par des monopoles privés, l’eau en étant l’exemple le plus emblématique.

Créer, c’est aussi faire reculer partout la marchandisation, comme le font les initiatives citoyennes de plus en plus nombreuses par la défense et la promotion des « communs » naturels et sociaux. Ces initiatives, fondées sur la démocratie économique, la soutenabilité environnementale et la justice sociale, conjuguent autonomie des personnes et construction collective.

Ces combats sont liés, et rassemblent celles et ceux qui refusent la société actuelle, les réformes de Macron « et son monde » !
Ecolo soutient tous ces combats, pour une alternative, et appelle à la manifestation des syndicats le 22 mars.