La Catalogne vers l’Indépendance et la République ?

  1. Le 1er Octobre 2017, un referendum a rassemblé 2300000 votants (43,03 % des inscrits ont participé au vote, le « Oui » remportant 90,18 % des suffrages exprimés ), 700000 bulletins n’ont pas pu être dépouillés car saisis par les forces de l’ordre de l’État Espagnol.
    Le 21 Octobre, conformément au programme de la plateforme indépendantiste, la République était proclamée à Barcelone. Ce vieil état rattaché à l’Espagne, soulevé à plusieurs reprises depuis le XVIIe siècle, martyrisé par la Guerre Civile (1936-39) et dont le dernier président Lluís Companys livré par la Gestapo à Franco a été fusillé le le 15 octobre 1940, reprenait sa liberté.
    Mais Madrid qui avait déjà réagi par la force le jour du vote, provoquant des dizaines de blessés, a depuis utilisé l’arsenal juridique et législatif en suspendant l’autonomie catalane (article 155) et arrêtant Oriol Junqueras, le numéro 2 du Gouvernement (ERC) ainsi que huit autres personnes en plusieurs temps. Carles Puigdemont, est lui pour l’instant réfugié à Bruxelles avec une partie de l’ancien gouvernement, en attente d’une décision de la Justice belge devant la demande d’extradition espagnole de moin en moins possible.
    Peut-être faut-il rappeler quelques éléments suite aux nombreuses contre-vérités parues depuis deux mois :
    1. Non la Catalogne n’est pas la région la plus riche d’Espagne (c’est Madrid)
    2. Non le Nationalisme catalan n’est pas comparable à la Lombardie et à la Flandre où les mouvements sont racistes et europhobes! L’alliance PdCat (centre-droit) et ERC (Gauche) était europhile et soutenue par l’extrême gauche CUP proche du NPA français.
    3. Non cela ne va pas faire exploser l’Europe. C’est le Libéralisme économique et les Etats-Nations qui dirigent l’Europe actuelle protégée par des traités souvent faits contre l’avis des peuples qui provoque l’exaspération et le dégoût, amenant des gens vers le vote d’extrême droite … Les autonomistes écossais, gallois, catalans, same, frisons (la plupart membres de l’ALE, Alliance Libre Européenne) etc… sont favorables à l’Europe !
    4. Non il n’y a pas de refus de prendre en compte les minorités culturelles ou ethniques en Catalogne, le gouvernement de Puigdemont avait d’ailleurs demandé plus de moyens pour accueillir les réfugiés et dans un autre registre, reconnaît trois langues sur son territoire : catalan, castillan et occitan (Val d’Aran).
    Le peuple catalan, qui a fait preuve de beaucoup de maturité et de calme lors du vote face à une violente répression, a le droit moral de choisir son destin. Madrid (à la différence de Londres ou Ottawa) a refusé (les catalans ont demander une vingtaine de fois le droit d’autoriser un referendum) et cela a abouti à une crise grave, faisant suite à une longue liste d’humiliations (remise en cause en 2010 de l’accord de 2006 signé avec un PSOE aux abois, refus de plusieurs lois dont plafonnement des loyers, taxes sur les banques, refus du fracking… et enfin refus de referendum…).
    Restent encore en prison : l’ancien vice-président du gouvernement catalan, Oriol Junqueras, qui est également le président d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, indépendantistes de gauche) ; l’ex-conseiller de l’Intérieur, Joaquim Forn ; l’ancien président de l’Assemblea Nacional Catalana (ANC, l’une des deux puissantes associations indépendantistes à l’origine de toutes les grandes mobilisations de rue) et numéro deux sur la liste Junts Per Catalunya (qui intègre le parti de centre droit de Puigdemont, le PdCat), Jordi Sánchez ; et le dirigeant d’Omnium cultural (l’autre grande organisation civile sécessionniste), Jordi Cuixart.
    Pourtant le gouvernement espagnol, soutenu par ses partenaires européens mais sévèrement critiqué par la société civile même en dehors de la Catalogne (des juges sont sortis de leur réserve pour démontrer la manipulation opérée par le pouvoir) a décidé de maintenir des élections le 21 décembre. Le Partido Popular de Rajoy, englué comme lui dans des affaires de corruption va se faire balayer mais il compte ainsi évacuer le problème et si on en croit le discours de plusieurs de ses cadres n’a pas l’intention de respecter le résultat en cas de victoire des indépendantistes. C’est donc bien à une parodie de démocratie à laquelle nous assistons mais malgré les demandes répétées des catalans (y compris non-indépendantistes comme la maire de Barcelone) la communauté internationale fait bloc autour de Rajoy refusant de « s’ingérer » même lorsque des dirigeant-es démocratiquement élu-es sont arrêté-es et que l’on utilise une loi datant de Franco (sédition) pour les inculper.
    Le Droit des Peuples à disposer d’eux-même tel que cela est écrit dans la charte des Nations Unies article 1-alinéa 2, le droit à l’expérimentation démocratique, le soutien aux prisonniers politiques a toujours fait partie de l’ADN des écologistes.

A l’heure où des peuples essaient de trouver une voie différente de construire l’Europe Politique, il faut plus que jamais être à leurs côtés.
C’est pour cela que nous, écologistes, nous exigeons le respect du processus démocratique, la libération des prisonniers politiques et le droit à l’autodétermination.