L’heure du choix est venue. Pour nous, c’est l’écologie de transformation

L’écologie politique est aujourd’hui à la croisée des chemins. Partie d’une critique radicale d’un modèle de développement devenu insoutenable, elle s’est constituée en parti alors que sonnait la fin des grandes idéologies d’émancipation. Elle n’a pu éviter le décalage entre son projet potentiellement révolutionnaire et une stratégie fondée sur l’accumulation de réformes graduelles par la conquête des institutions.

Cette stratégie se révèle un échec. Dans le même temps, la montée des enjeux environnementaux conduit la plupart des partis politiques à parler d’environnement. C’est le signe d’une prise de conscience par la société de ces enjeux. Mais il n’y a rien de commun entre le « capitalisme vert », la « croissance verte », l’écologie qui s’accommode du système en ne remettant en cause que ses  » excès » et l’écologie de transformation, qui vise son remplacement par une société de post-croissance.

L’heure du choix est venue. Pour nous, c’est l’écologie de transformation.

Cette écologie procède d’une vision globale de l’être humain et de la planète, loin de la seule défense de l’environnement.

Elle reconnaît que l’être humain est une partie de la nature, et qu’il ne peut la détruire sans se détruire lui-même.

Elle fait primer l’intérêt écologique sur les intérêts économiques et sur le techno-scientisme (refus du nucléaire civil et militaire, …)

Elle combat l’exploitation et toutes les formes d’oppression, notamment celles liées au genre et à l’origine.

Elle est internationaliste, elle lutte contre le racisme et le colonialisme et défend la liberté et l’autodétermination des peuples.

Elle accorde une place majeure à la démocratie « par en bas », tant comme moyen de lutte que comme levier de transformation sociale.

Elle promeut une écologie sociale et populaire.

Son combat s’inscrit et trouve son inspiration dans les luttes séculaires des opprimé.e.s pour leur émancipation.

Ces luttes sont multiples, à l’image des formes d ‘oppression. Par son caractère transversal, l’écologie de transformation les assume toutes et travaille à leur convergence. Elle est le champ principal d’innovations dans les rapports sociaux, rompant avec le modèle dominant de production et d’échange ; dans son soutien à démocratie « par en bas » ; dans la mise en avant des « communs ». Elle dessine ainsi les contours d’une nouvelle société reposant sur l’autogestion et renouant avec des utopies concrètes. Notre Dame Des Landes est de ce point de vue exemplaire, tant dans la forme de la lutte que dans le projet de gestion future du territoire par ses habitant.e.s.

Nous avons cru pendant longtemps que les Verts, puis EELV, pourraient devenir cette écologie de transformation. Mais le refus de tout bilan par ses dirigeants, la perspective d’une « maison commune » avec Génération.s, le prisme systématique pour l’obtention de postes au détriment du fond, nous conduisent aujourd’hui à quitter EELV en créant un autre mouvement.

« Ecolo – Mouvement de l’écologie politique » entend se construire comme le mouvement de l’écologie de transformation.

Nous avons conscience du défi que cela représente :

– Construire une organisation ancrée dans les mouvements sociaux, sur le terrain et dont le mode de fonctionnement sera le reflet de la société que nous voulons.

– Elaborer une stratégie de transformation, se déployant à différents échelons, sur le rôle à accorder au travail dans les institutions.

Nous appelons celles et ceux qui partagent cette orientation à participer à l’aventure, qui ne fait que commencer (Ecolo http://mouvementecolo.eu).

Nous sommes ouvert.e.s aux discussions avec les groupes et organisations qui se retrouvent dans ce projet.