Mettre un terme à l’inflation carcérale, pour une vraie politique de prévention !

La grève des surveillants pénitentiaires appelle une nouvelle fois l’attention sur la situation dramatique des prisons en France, épinglée depuis des années par les rapports du Contrôleur général des lieux de privation de liberté : promiscuité, insalubrité, violences, absence de programme d’activités … sans que la situation s’améliore, bien au contraire.

Contrairement à la plupart des grands pays européens, la France connaît une inflation carcérale depuis le début des années 2000, voyant resurgir le débat sur le nombre insuffisant des places de prison. La multiplication des lois liberticides dans cette période, qui vaut aujourd’hui à notre pays d’être pointé du doigt par l’ONU, n’y est pas pour rien. Poursuivant la politique engagée sous François Hollande, une loi de programmation nous est annoncée, prévoyant la création de 15 000 places supplémentaires sous le quinquennat du président Macron.

Cette priorité se traduit pour 2018 par la baisse d’un tiers du budget destiné aux rénovations, pourtant particulièrement urgentes, des prisons et par la baisse des moyens alloués aux alternatives à l’emprisonnement.

ECOLO condamne ces « grands projets inutiles », lorsque l’on sait que la libération sous contrainte des détenus à qui il reste moins d’un an de peine à purger libérerait 19 000 places. Et les statistiques confirment que la « prison est l’école du crime » ( le taux de récidive atteint 61% dans les 5 ans suivant la sortie), ce qui devrait conduire à la réserver aux actes les plus graves.

ECOLO estime qu’il faut revoir en profondeur l’orientation d’une politique où la peine est conçue presque exclusivement comme une punition et une mise à l’écart de la société, une vision qui rejaillit aussi sur le rôle dévolu au personnel pénitentiaire et sur le peu de considération que lui témoigne les gouvernements.

La priorité doit aller à la prévention. Il convient ainsi de mettre fin à l’inflation carcérale et privilégier les alternatives à l’emprisonnement. Et chaque fois que l’incarcération se justifie, il est essentiel, dès l’entrée en prison, de préparer la sortie et la réinsertion de la personne dans la société, la meilleure façon d’éviter la récidive.